Ecoles de Marseille : le collectif anti-PPP réclame un audit en urgence

le 13 mars 2019 – Jean Philippe PIERRAT – Architecture sur le site de TPBM : https://www.tpbm-presse.com/ecoles-de-marseille-le-collectif-anti-ppp-reclame-un-audit-en-urgence-2845.html

Fort de l’annulation du marché de partenariat (public-privé) prévu pour 34 écoles de Marseille, le collectif qui s’y est opposé, réclame aujourd’hui un audit, et le Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône (SA 13) propose une méthodologie.

Réunissant des syndicats et ordres professionnels du monde de la construction, d’enseignants, de parents d’élèves, mais aussi de simples contribuables marseillais, le collectif anti-PPP qui s’était formé suite à la décision de la ville de Marseille de passer par le biais d’un marché de partenariat en vue de la démolition-reconstruction de 34 de ses écoles, vient de se rebaptiser en « PRE ». C’est-à-dire en collectif « pour la rénovation des écoles ». Une manière d’entériner l’annulation de la délibération municipale autorisant ce marché de partenariat, prononcée par le tribunal administratif de Marseille à la suite des recours déposés par des membres et organismes du collectif.

De nouvelles avancées pour les opposants

Autre avancée positive découlant de cette annulation, « le ministère de l’Economie et des Finances a modifié depuis, comme par hasard, l’algorithme du logiciel qui avait montré que le PPP coûtait moins cher qu’une procédure classique de marché public, s’est réjoui l’un des porte-paroles du PRE, représentant d’un syndicat enseignant. Dans sa nouvelle version, cela donne des résultats de coût plus ou moins équivalents entre la procédure classique de marché public (loi MOP) et le PPP. Retoquée, la mairie se voit dans l’obligation d’oeuvrer à la rénovation des écoles d’une autre façon, et même si elle a annoncé son intention d’interjeter appel [elle a deux mois pour le faire depuis le prononcé du jugement, NDLR], celui-ci n’aura d’autre intérêt que de gagner du temps, l’appel n’étant pas suspensif », a encore estimé le syndicaliste enseignant.

De son côté, a-t-il par ailleurs indiqué, une députée LaReM de Marseille, Cathy Racon-Bouzon, a déposé avec d’autres, dans le cadre du projet de loi pour une Ecole de la confiance, un amendement afin que l’Etat puisse se substituer à la municipalité et faire procéder à un état des lieux des écoles de Marseille en vue de leur rénovation. Enfin, autres bonnes nouvelles pour les opposants au PPP, l’académie Aix-Marseille et le préfet viennent de demander à la direction des services départementaux de l’Education nationale de mettre en place une cellule ad hoc et aux directrices et directeurs des 444 écoles municipales de la cité phocéenne de retourner « une grille à renseigner afin d’objectiver et de prioriser les travaux ».

Méthodologie proposée pour un diagnostic technique

Avec ou sans le concours des services de l’Etat, et en tenant compte de ces premiers renseignements recueillis, le Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône (SA 13) réclame pour sa part tout d’abord la réalisation d’un diagnostic professionnel pour chacune des écoles et propose une méthodologie pour y parvenir rapidement. « En 4 mois, ça pourrait être bouclé », calcule son représentant, Maxime Repaux. Un appel d’offres public pourrait être lancé par groupe de 10 écoles, explique-t-il, en comptant 20 000 euros de coût par diagnostic. L’objectif étant de définir un plan stratégique pour la rénovation des écoles sur les 10 ou 20 prochaines années avec un plan pluriannuel d’investissement correspondant ».

Qu’on ne se leurre pas, « en matière de rénovation comme d’urbanisme, cela prend beaucoup de temps », rappelait en fin de réunion du collectif, en connaisseur, l’architecte marseillais André Jollivet, ancien président du syndicat et de l’ordre des architectes, puis de la MAV (Maison de l’architecture et de la ville) Paca.

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