Najat Vallaud-Belkacem : «La situation des écoles marseillaises relève d’une incurie au long cours et hors norme»

Article rédigé par Marie Piquemal pour Libération, le 29 mars 2019 : https://www.liberation.fr/amphtml/france/2019/03/28/najat-vallaud-belkacem-la-situation-des-ecoles-marseillaises-releve-d-une-incurie-au-long-cours-et-h_1717724

L’ex-ministre de l’Education raconte comment elle a tenté en 2016 de tordre la main à Jean-Claude Gaudin pour que des travaux soient faits dans les écoles de sa ville.

En 2016, au lendemain de la une de Libé sur l’état calamiteux des écoles marseillaises, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Education, commandait un audit aux services de l’Etat pour avoir une vision précise de l’état du bâti des 444 écoles marseillaises, dont l’entretien est de la compétence de la ville. Ce diagnostic, que nous révélons aujourd’hui, n’avait pas été rendu public.

Aujourd’hui en retrait de la vie politique, Najat Vallaud-Belkacem sort de sa réserve pour raconter les difficultés rencontrées à l’époque, pour obliger la municipalité marseillaise à faire les travaux. Elle a répondu à nos questions par mail.

Comment a été réalisé cet audit des écoles marseillaises ?

Nous avons déclenché les choses le 4 février 2016 avec notre lettre de saisine adressée au préfet à qui il était demandé de réaliser un état des lieux des risques sanitaires, d’hygiène ou de sécurité auxquels élèves et enseignants pouvaient être confrontés dans un certain nombre d’écoles.

Des visites conjointes des services académiques et des services techniques de la ville ont alors été organisées, sur la base d’un premier recensement alimenté par nos services comme par les remontées des associations (fédérations parents d’élèves, collectifs etc.). Puis un tableau de suivi a été mis au point. Suivi de réunions régulières entre services pour décider des travaux et de leur calendrier. Ce tableau a fait l’objet d’un suivi resserré jusqu’en mai 2017. Ensuite je ne sais pas ce qu’il en a été fait.

Avez-vous été surprise ou inquiète des informations qui vous ont été remontées à l’époque ?

Pas surprise, non, compte tenu des alertes qui nous ont conduites à agir. Mais inquiète, forcément, même si nous n’avions pas de situation de péril imminent repérée.

Quels enseignements en avez-vous tirés ?

Qu’une partie du patrimoine scolaire marseillais était laissée à l’abandon depuis des années, avec une forme d’indifférence incroyable.

Au-delà de l’état du patrimoine, le plus surprenant était de constater que cette ville, au fil des ans, n’avait absolument pas adapté les superficies scolaires à la démographie. En d’autres termes, il n’avait quasiment pas été construit de classes supplémentaires pour accueillir les effectifs pourtant manifestement croissants du début des années 2000 – à une époque où, c’est vrai, cela arrangeait bien le gouvernement de l’époque qui supprimait des postes d’enseignants par dizaines de milliers… D’où, au-delà de l’état matériel des bâtiments, des classes surchargées.

Que s’est-il passé ensuite, après cet audit ?

Des travaux en urgence ont été faits par les services municipaux, un plan de travaux plus conséquent a été programmé avec des marchés publics, et la ville a lancé son plan de reconstruction des écoles de type «Pailleron», les plus dégradées, avec l’outil Partenariat public-privé qui a été ensuite contesté.

Le maire Jean-Claude Gaudin a-t-il été coopératif ?

Disons que dans un premier temps, il a fallu tordre la main de la mairie de Marseille, dont la toute première réaction a essentiellement consisté à minimiser les problèmes («Je ne dis pas qu’il n’y a pas ici ou là un robinet qui fuit mais de là à parler d’indignité !» etc.) et à dénoncer une «polémique politicienne et manichéenne organisée à l’encontre de la ville de Marseille».

Puis Jean-Claude Gaudin a semblé prendre conscience qu’il ne pourrait pas tenir longtemps cette position ubuesque. Il est devenu plus «coopératif», d’autant que sortant de la simple répartition des compétences, nous (l’Etat), décidions de mettre plusieurs millions d’euros au service de ces travaux. A partir de là, la difficulté a surtout été d’être contraints par des délais très serrés pour décider des travaux urgents qu’il nous paraissait indispensable de réaliser pendant les congés scolaires.

Aviez-vous les moyens juridiques de le contraindre ?

Seulement en cas de péril imminent constaté, la compétence des bâtiments scolaires relève en effet exclusivement des collectivités.

Est-ce que les moyens juridiques de l’Etat, dans ce type de situation, sont suffisants ?

En mode normal oui, les élus ne sont pas irresponsables. La situation marseillaise, comme pour le logement, relève d’une incurie au long cours et hors norme.

Votre successeur, Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu’un nouvel audit serait fait. Le vôtre ne suffisait-il pas ?

Cela permettra de reprendre le travail puisqu’il semble que deux ans ont été perdus… C’est l’une des conséquences du grand chamboule-tout qui consiste à faire, par principe et pour la galerie, l’exact contraire de son prédécesseur : on traite avec mépris des sujets qui auraient nécessité une vraie continuité d’impulsion politique et, ce faisant, on les laisse s’enliser…

Donc, malgré ce temps perdu clairement, mieux vaut tard que jamais : le ministre ne peut rester spectateur, il a lui aussi la responsabilité de protéger les élèves et les enseignants. Et il a lui aussi le devoir de veiller à ce qu’il n’y ait pas en France, comme le disait à l’époque Charlotte Magri (l’enseignante qui avait écrit en janvier 2016 une lettre ouverte pour dénoncer l’état de son école marseillaise, ndlr) «une école de riches et une école de pauvres».Marie Piquemal

Ecoles marseillaises : la surenchère des audits

Par Stéphanie Harounyan, correspondante à Marseille et Marie Piquemal — publié le 28 mars 2019 à 11:37 sur le site de Libération : https://www.liberation.fr/france/2019/03/28/ecoles-marseillaises-la-surenchere-des-audits_1717893

En 2016, la ministre de l’Education nationale demandait à ses services un diagnostic précis de l’état des établissements de la ville, pour certains délabrées. «Libé» en donne le contenu, jusqu’ici tenu secret. Trois ans après, Jean-Michel Blanquer annonce un nouvel audit, et la mairie surenchérit.

Et un, et deux, et trois audits sur les écoles marseillaises ! Ce mercredi, la mairie de Marseille a créé la surprise en annonçant qu’elle mettait au vote du conseil municipal du 1er avril une délibération actant la réalisation d’un «diagnostic technique des bâtiments scolaires». Pourquoi maintenant, alors que le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé en novembre le lancement d’un audit sur l’état des écoles marseillaises ? Justement, «parce qu’on en a marre des procès politiques menés par les élus d’opposition et relayés par les responsables de l’Etat dans le département, s’est énervé mercredi Yves Moraine, chef de la majorité LR au conseil municipal. Alors que nous considérons que cette majorité fait le nécessaire pour l’entretien des écoles !»

L’Etat qui vient mettre son nez dans les écoles marseillaises, ce n’est pas une première. En 2016 déjà, le ministère de l’Education nationale avait déjà lancé un diagnostic listant les travaux d’urgence à réaliser dans les écoles de la ville. Un document jamais sorti des couloirs du ministère. Libération en révèle aujourd’hui le contenu et pose les questions qui vont avec.

Que contient ce premier audit de 2016 ?

Au lendemain de la une de Libération, «Ecoles de Marseille : la honte de la République», la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, sous pression, envoie un courrier au recteur et au préfet pour «identifier les urgences particulièrement criantes au vu notamment de la potentielle exposition des élèves à des risques de nature sanitaire et sécuritaire […] Puis, établir un programme de travaux à moyen terme permettant une remise à niveau du parc d’établissements de premier degré marseillais». Un audit est lancé, pour permettre au ministère d’avoir une vision précise de la situation, l’entretien des écoles étant du seul ressort de la municipalité. Dans son courrier, la ministre exige un suivi «sous un mois», la situation «particulièrement préoccupante nécessite une réponse rapide et cohérente».

À lire aussi : L’interview de Najat Vallaud-Belkacem

Ce document, censé être la base de travail pour la programmation des travaux, n’a jamais été rendu public. «Il avait vocation à rester en interne et dans les services de la mairie, le rendre public les aurait mis encore plus en difficulté», explique l’entourage de Najat Vallaud-Belkacem. Sauf que les associations et les élus de l’opposition, tenus à l’écart, en sont venus à douter de ce travail de recensement. «On ne l’a jamais vu, ni même vu circuler. Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir demandé», se désolait mardi soir, Séverine Gil, de la principale association des parents d’élèves des écoles marseillaises, MPE 13.

Cet audit existe bel et bien, Libération a pu en consulter une version. Il se présente sous forme de tableau Excel, avec la liste des 444 écoles marseillaises d’un côté, et de l’autre, différents intitulés amenés à évoluer au fil des semaines. «Le rectorat le complétait au fur et à mesure des remontées qui nous avions, de la part des associations de parents d’élèves, inspecteurs d’académie, syndicats de profs… Mais aussi, des travaux, petits et gros, programmés par la mairie.» La colonne bleu turquoise précisait si les travaux étaient «susceptibles d’être subventionnés par les crédits de la politique de la ville». Dans la version que nous avons consultée, on trouve aussi une colonne intitulée «suspicions d’amiante» : 38 écoles répertoriées. 38 aussi où des nuisibles (rats) ont été repérés. Problèmes de chauffage dans 65. Une vingtaine d’établissements sont aussi estampillés «bâtis délabrés» ou en mauvais état. Au total, 114 écoles sur les 444 d’alors avaient été identifiées en 2016 comme nécessitant des travaux d’ampleurs différentes.

Document L’audit des écoles de Marseille en 2016

A-t-il servi à quelque chose?

Oui, si on en croit Danièle Casanova, l’adjointe au maire déléguée à l’éducation. «On avait fait des visites dans les principales écoles signalées. Des travaux avaient été faits et ça avait donné satisfaction.» Racontée rue de Grenelle, la partie semble avoir été plus laborieuse… Dans les mois qui suivent cet audit, des réunions d’étape ont bien été organisées entre la préfecture, le rectorat et les services de la ville de Marseille… A la lecture de plusieurs comptes rendus de réunion que Libé a pu consulter, la même impression : préfecture et rectorat ont bien ramé pour obtenir des informations et des engagements de la municipalité. «Nos interlocuteurs habituels étaient tous présents, en revanche aucun d’entre eux ne semblait avoir été informé à l’avance de l’objet de cette réunion, à savoir préparer la rencontre (avec préfet-rectorat-mairie) en vue de faire un point sur l’avancement des programmations de travaux dans les écoles de Marseille.» L’Etat a beau aligner des aides publiques conséquentes, la municipalité traîne des pieds. «Les services de la ville semblent décidément mal à l’aise avec les procédures permettant de capter les subventions « proposées » par l’Etat.» A l’époque, la rallonge budgétaire de 6 millions d’euros de l’Etat a tout de même été utilisée… «De l’argent a été débloqué d’un coup, reconnaît Séverine Gil, un brin désabusé. On a vu le premier effet Kiss Cool avec Najat Vallaud-Belkacem. Sauf que depuis, plus rien. Tout est retombé. Trois ans après, on est revenu au même point. On attend toujours le deuxième effet Kiss Cool.»

Pourquoi l’Etat veut-il faire refaire un audit ?

Quelques jours après l’effondrement rue d’Aubagne, en novembre, voilà que le ministre Jean-Michel Blanquer promettait, à son tour, de se saisir du problème des écoles marseillaises… en commandant un audit ! Mais pourquoi en refaire un ?

«L’audit de 2016 sert de base de travail, l’idée c’est de le compléter pour une remise à jour», explique le cabinet du ministre. Début mars, un questionnaire a été adressé cette fois aux directeurs des 444 écoles marseillaises. On y reparle problème de chauffage, nuisible, électricité… En revanche, la case «suspicions d’amiante» a disparu. A ce jour, il y aurait déjà 360 remontées en provenance des directeurs d’établissement. Un diagnostic «tout sauf objectif», peste Yves Moraine : «On demande à des directeurs de se prononcer sur des choses pour lesquelles ils ne sont pas compétents.»

À lire aussi :Amiante à l’école : «une bombe sanitaire à retardement»

L’élu est d’autant plus en colère qu’il considère que la manœuvre du ministère illégale. Entre-temps, la députée LREM de Marseille Cathy Racon-Bouzon a déposé un amendement à la loi sur l’école de la confiance : «Le gouvernement remet au Parlement, avant le 30 septembre 2019, un rapport sur l’état du bâti des écoles maternelles et élémentaires à Marseille», indique le texte, qui doit encore être voté par le Sénat fin avril. «Ils donnent des instructions sur la base d’une loi non votée, ce qui est quand même extravagant !» peste Yves Moraine. Autre extravagance pour l’élu, l’implication de l’Etat sur un dossier pourtant de la compétence municipale. Pour lui, la «constitutionnalité» de l’audit ministériel «mériterait d’être analysée». De rage, la mairie a annoncé ce mercredi qu’elle lançait son propre audit «neutre», mené par des bureaux d’études «spécialisés, indépendants et agréés par les ministères». Un coup de griffe municipal qui va coûter tout de même 6 millions d’euros. A moins que l’Etat en paye la moitié comme le suggérait, sans gêne, la majorité municipale mercredi.

Stéphanie Harounyan correspondante à Marseille , Marie Piquemal

« Tout retard dans la rénovation ou l’entretien des écoles à Marseille peut avoir des conséquences graves »

Article de Christophe Casanova pour La Marseillaise, lundi 25 mars 2019, http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75579-ecoles-de-marseille-la-ville-doit-prendre-ses-responsabilites

Le lundi 1er avril, les élus d’opposition, Benoit Payan (PS) et Jean-Marc Coppola (PCF), vont soumettre au conseil municipal une délibération sur la rénovation des écoles. Entretien croisé.

Après l’annulation en justice de la délibération sur le Partenariat public privé (PPP) pour rénover 34 écoles GEEP suite à un recours du collectif acontre les PPP, devenu aujourd’hui Collectif pour la rénovation des écoles, le combat continue à Marseille. Alors qu’un audit des écoles a été amendé dans la loi « Pour une école de la confiance » par la députée LREM, Cathy racon-Bouzon (lire son entretien ici), des élus d’opposition marseillais présenteront au prochain conseil municipal une délibération « populaire et citoyenne » portée par une sur la base de la pétition citoyenne lancée l’an dernier sur le site change.org et signée à ce jour par près de 13 500 citoyens.

Pourquoi avoir relancé votre campagne pour la pétition sur les réseaux sociaux ?

Benoit Payan : Il faut revenir à la génèse déjà : on a fait cette pétition et la délibération attenante afin que les Marseillais par le truchement du règlement du conseil municipal, déposent une délibération  » populaire et citoyenne « . On s’y prononce contre le Partenariat public privé voulu par la Ville et on lui demande d’entamer immédiatement la rénovation des écoles. La règle veut qu’il y ait 10.000 Marseillais signataires.. On les a et on le fera donc le 1er avril… 
Jean-Marc Coppola : Elle a connu un succès en ligne et dans sa version papier maintenant avec plus de 13500 signatures. Entre les signatures en ligne et papier, on devrait en présenter près de 15 000. Cela montre le soutien et la mobilisation autour de cette question et on veut encore l’amplifier. Car au-delà de sa prise en compte ou non par le maire, il faut entendre cette exigence citoyenne très forte.

coppola payan

Depuis les choses ont évolué, avec la décision du tribunal sur le PPP ?

B. P. : Oui, le tribunal l’a jugé illégal, donc on n’en parle plus, cet aspect a été gagné de manière judiciaire. Ce serait bien de l’acter en conseil municipal mais pour le reste on repart à zéro. 

J-M. C. : Après 24 années de laxisme, il y a urgence à rénover. On a perdu trop de temps et cette urgence va au-delà de ces écoles qui ne représentaient que 10 % des établissements marseillais et 9 arrondissements sur 16.
B. P. : La délibération demande un audit rapide et une rénovation immédiate des écoles qui en ont le plus besoin. La mairie était prête à injecter 1 milliard d’euros pour 34 écoles, il n’y a pas de raison pour que l’on ne mette pas tout de suite quelques millions pour les travaux d’urgence.
On ne doit plus attendre, se cacher derrière des délibérations, des écrans de fumée judiciaires, des appels qui n’aboutiront pas. Quand on est maire ou adjoint au maire de Marseille depuis 25 ans, on doit prendre ses responsabilités.
J-M. C. : Ne pas considérer l’école, c’est ne pas reconnaître les enfants. La question de la considération que l’on a pour les enfants à Marseille est posée. Cela doit être une priorité.

Selon vous pourquoi rien n’est fait ?

B. P. : Parce que ce n’est pas une priorité. Parce que la mairie a fait de sa politique, une politique spectacle où l’on vend Marseille sur du papier glacé. où l’on fait une patinoire olympique, où l’on mise tout sur les croisiéristes, où l’on nous fait croire que le Stade Vélodrome est la 8e merveille du monde. Mais l’essentiel n’est pas traité. On ne fait pas une ville pour les habitants, on la fait pour qu’elle brille sur des magazines.
J-M. C. : L’équipe actuelle n’a pas une vision d’avenir pour les Marseillais. Elle est dans une logique de recomposition, elle cherche à attirer ceux qui l’intéressent sur une base électoraliste. Nous pensons au contraire que tous les Marseillais, quel que soit l’endroit où ils habitent, doivent être considérés de la même façon. Ce qui revient à lutter contre cette inégalité qui caractérise la ville et qui fait aussi le lit de ceux qui sont dans la ségrégation, la xénophobie, la discrimination. Nous voulons une ville égalitaire, fraternelle, solidaire et nous nous devons de traiter toutes les écoles publiques de la même façon.

Un audit des écoles est inscrit dans la loi pour une école de la confiance. Vous en pensez quoi ?

B. P. : On va attendre que ce soit voté… On est en première lecture, je ne sais pas si le Sénat va la voter conforme, si ce n’est pas le cas il y aura une navette, avec une deuxième lecture à l’assemblée nationale qui peut avoir le dernier mot, et ensuite il y aura la commission mixte paritaire. Cet amendement a encore beaucoup de chemin à parcourir.
J-M. C. :
C’est ce que je demande avec mes camarades communistes et du Front de Gauche depuis des années à travers un plan pluriannuel d’investissement, c’est bien qu’aujourd’hui, des institutions d’état que ce soit le Rectorat, via la direction académique, ou le Préfet s’en empare. J’ai envie de dire, il n’est jamais trop tard pour bien faire, même si l’Etat avait déjà une responsabilité. Tant mieux donc, cela veut dire que quelque part, les mobilisations qui existent autour de l’école, le jugement du tribunal administratif, font bouger un peu les lignes. Mais il y a une véritable urgence à agir. On ne peut pas attendre la fin du mandat, l’appel, ou je ne sais quoi. Je ne veux pas faire de parallèle osé et déplacé par rapport à l’habitat indigne et le drame de la rue d’Aubagne, mais en même temps mesurons bien que tout retard qu’il y a dans la rénovation, dans l’entretien, la maintenance des écoles publiques à Marseille est préjudiciable et peut avoir des conséquences graves. On ne peut pas avoir comme image Marseille attractives sur des activités de pointes etc… et même temps avoir des écoles publiques en décrépitudes.

Vous pensez que l’état doit prendre la main ?

B. P. : Il doit y avoir à un moment donné, des gens qui se mettent autour de la table. Chacun ne peut pas se renvoyer les responsabilités. Il faut qu’il y ait l’Etat, la mairie de Marseille, peut-être les autres institutions, mais il faut un plan d’urgence, il faut quelque chose à la dimension de la situation. J’aimerai que la majorité prenne ses responsabilités parce que c’est sa compétence. Et lorsque l’on est compétent et responsable, on est le premier au front. Force est de constater que la mairie n’y est pas. Elle a perdu devant le tribunal administratif sur les PPP et elle ne bouge plus…

Ch. C.

À Marseille, le collectif Pour la Rénovation des Ecoles veut être associé au projet

Écrit par Christophe Casanova, pour La Marseillaise, le jeudi 14 mars 2019, http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75437-a-marseille-le-collectif-pour-la-renovation-des-ecoles-veut-etre-associe-au-projet

Loin de la philosophie du PPP, le collectif PRé estime que le projet de rénovation des écoles doit être porté par les préoccupations des citoyens.
Loin de la philosophie du PPP, le collectif PRé estime que le projet de rénovation des écoles doit être porté par les préoccupations des citoyens. Photo archives LM

Un mois après avoir obtenu l’annulation en justice de la délibération du conseil municipal sur le partenariat public-privé, le collectif Pour la Rénovation des écoles poursuit son action.

La satisfaction était palpable mardi dans la maison du syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône. Il faut dire que pour le collectif opposé au partenariat public-privé (PPP) voulue par la municipalité Gaudin pour rénover 34 écoles, les motifs ne manquent pas depuis l’annulation de ce projet, le 12 février : « Modification de l’algorithme du logiciel de calcul des PPP du ministère de l’économie ; amendement à l’assemblée nationale ; réponse favorable de la Ville à la demande d’audit des services de l’éducation nationale (DSDEN). »

« Quelque chose d’utile »

« Un enterrement en première classe » se félicitent Pierre-Marie Ganozzi (FSU) et le collectif, qui entendent désormais passer à l’étape suivante : la rénovation de toutes les écoles. Au-delà de la symbolique du nom, le collectif No-PPP devient le collectif PRé (Pour la Rénovation des écoles) avec l’idée que « tout cela est inédit et doit déboucher sur quelque chose d’utile ».
Une projection qui passe, a court terme, par « cette cellule en cours de création au sein de la DSDEN » pour piloter l’audit. Du côté de la DSDEN, si on réfute le terme de cellule, assurant que « l’on travaille sur ces questions depuis plusieurs années », le dossier est confié à Jacques Flodrops, directeur académique adjoint. Le collectif PRé veut y être associé, notamment les parents d’élèves, qui ont déjà entamé un travail de collecte dans les écoles ; le syndicat des architectes, qui propose une méthodologie pour la réalisation d’un véritable audit technique et les représentants des enseignants.
L’échéance du 1er avril, date du prochain conseil municipal, est aussi dans les têtes. Les élus d’opposition Benoit Payan (PS) et Jean-Marc Coppola (PCF) y présenteront une délibération sur la base de la pétition « face à la privatisation de nos écoles, un autre projet est possible ! ». à ce jour presque 11 500 personnes l’ont signée*.
Viendra ensuite le temps législatif avec le passage devant le Sénat, courant avril, de l’amendement glissé par la députée (LREM) Cathy Racon-Bouzon dans la loi « pour une école de la confiance » D’ici là, la Ville aura sans doute clarifié ses intentions. L’appel (non suspensif) de la décision de justice n’a pas encore été déposé. La mairie a jusqu’au 13 avril pour le faire.

Ch. C.

D006E-98/0602/CESS

VILLE DE

MARSEILLE

REPUBLIQUE FRANCAISE

DEPARTEMENT DES

BOUCHES-DU-RHONE

EXTRAIT DES REGISTRES DES DELIBERATIONS DU CONSEIL MUNICIPAL

Séance du 20 Juillet 1998

PRESIDENCE DE MONSIEUR, Jean-Claude GAUDIN, Maire de Marseille.

L’Assemblée formée, Monsieur le Maire a ouvert la séance à laquelle ont été présents 76 membres.

98/0602/CESS

DIRECTION GENERALE DE L'ARCHITECTURE ET DES BATIMENTS COMMUNAUX – DIRECTION

DES EQUIPEMENTS TECHNIQUES DU BATIMENT – Travaux de rénovation et de modernisation des installations de chauffage du groupe scolaire "La Maurelette" – Boulevard Simon Bolivar – 13015 Marseille – Approbation de l'autorisation de programme – Lancement d'un appel d'offres ouvert – Approbation de l' avant projet sommaire.

98-230-ETB

– o –

Monsieur le Maire, sur la proposition de Madame l'Adjoint délégué à l'Education et à la Petite Enfance, soumet au Conseil Municipal le rapport suivant :

Afin de préserver le fonctionnement et le rendement des installations de chauffage dans les bâtiments communaux, la Ville de Marseille doit renouveler chaque année une partie de son matériel.

Les locaux du groupe scolaire LA MAURELETTE sont chauffés de manière inefficace avec un dispositif ne répondant plus aux exigences actuelles en matière de fonctionnement, de rendement, d'économie d'énergie et de sécurité.

Il est donc nécessaire de procéder au remplacement des radiateurs et des tuyauteries ainsi qu'à la modernisation de la chaufferie.

Il est proposé, en vue de la réalisation de ces travaux, de recourir à la procédure de l'appel d'offres ouvert conformément aux articles 296 à 298 du Code des Marchés Publics. Le marché qui résultera de cette procédure sera conclu à prix global et forfaitaire.

La dépense globale sera imputée au budget 1999 nature 2313, fonction 11.

Telles sont les raisons qui nous incitent à proposer au Conseil Municipal de prendre la délibération ci-après :

LE CONSEIL MUNICIPAL DE MARSEILLE

VU LE CODE GENERAL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES VU LE CODE DES MARCHES PUBLICS, LIVRE III

OUí LE RAPPORT CI-DESSUS

98/0602/CESS

DELIBERE

ARTICLE 1 Est décidée la réalisation de l'opération de rénovation et de modernisation des installations de chauffage du :

Groupe Scolaire LA MAURELETTE , BD Simon Bolivar 13015 Marseille.

ARTICLE 2 Est approuvée l'autorisation de programme estimée à 0,64 MF TTC valeur juin 1998, et dont les crédits de paiement sont prévus en totalité en 1999.

ARTICLE 3 Est autorisé, pour l'exécution des travaux, le lancement d'un appel d'offres ouvert conformément aux articles 296 à 298 du Code des Marchés Publics, sur la base de l'avant-projet sommaire ci-annexé.

ARTICLE 4 Monsieur le Maire, ou son représentant, est habilité à signer le marché qui résultera de l'appel à la concurrence ainsi que tout marché négocié consécutif à la décision de la Commission des Marchés de déclarer l'appel d'offres infructueux et de le relancer sous la forme négociée.

ARTICLE 5 Le coût de cette opération sera intégralement à la charge de la Ville.

Ces prestations demeurent subordonnées à l'obtention des moyens de financement programmés en 1999. Les crédits nécessaires au Budget de l'exercice considéré seront inscrits sur la nature 2313 et la fonction 11.

Vu et présenté pour son enrôlement à une séance du Conseil Municipal

L'ADJOINT DELEGUE A L'EDUCATION ET A LA PETITE ENFANCE

Signé : Marie-Louise LOTA

Le Conseiller rapporteur de la Commission CULTURE, EDUCATION, SOLIDARITE ET SPORTS demande au Conseil Municipal d'accepter les conclusions sus-exposées et de les convertir en délibération.

Cette proposition mise aux voix est adoptée.

Certifié conforme

LE MAIRE DE MARSEILLE

Jean-Claude GAUDIN

Pour ampliation

L'ADJOINT DELEGUE A L'EDUCATION ET A LA PETITE ENFANCE

Marie-Louise LOTA

Cathy Racon-Bouzon (LREM) souhaite « un rapport exhaustif et garanti par des experts » pour les écoles marseillaises

Écrit par Christophe Casanova, pour La Marseillaise, le dimanche 17 mars 2019, http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75480-la-deputee-cathy-racon-bouzon-lrem-souhaite-un-rapport-exhaustif-et-garanti-par-des-experts-pour-les-ecoles-marseillaises

Cathy Racon-Bouzon (LREM) souhaite « un rapport exhaustif et garanti par des experts » pour les écoles marseillaises

Creative Commons.

La députée marseillaise Cathy Racon-Bouzon (LREM) a déposé le 15 février à l’assemblée nationale un amendement lors de l’examen de la loi « pour une école de la confiance » qui sera débattue au Sénat, fin avril. Elle y demande un état des lieux du bâti des écoles de la Ville de Marseille qui doit être rendu dans un rapport au 30 septembre septembre.

Le PPP enterré le 12 février dernier, la question de la rénovation des écoles va revenir le 1er avril sur la table du conseil municipal de Marseille. Au menu, une délibération portée par les élus d’opposition Jean-Marc Coppola (PC) et Benoit Payan (PS) sur la base de la pétition citoyenne lancée l’an dernier sur le site change.org.

De son côté le travail legislatif amorcé à l’Assemblée par la députée (LREM) Cathy-Racon Bouzon suit son court. « S’il y avait besoin de mettre dans le projet de Loi de finances 2020 un budget sur cette question, il était bon d’avoir des premières pistes avant octobre » justifie-t-elle. Aux inquiétudes du collectif anti-PPP, devenu le collectif PRE (Pour La rénovation des Ecoles) qui a mis en échec à la barre du tribunal administratif le Partenariat Public Privé à un milliard d’euros pour la rénovation de 34 école GEEP choisi par la municipalité, elle répond aussi que le « recensement » demandé par l’état aux directeurs d’école doit être décorrelé de ce rapport.

Cette enquête demandée par les services de la direction académique permettra « peut-être de circonscrire le périmètre d’action (…) » explique la députée : « Je ne vais pas imposer une méthodologie au gouvernement, mais je souhaite un rapport exhaustif et garanti par des experts ». « Il faut un plan construit, savoir où est l’urgence ». Un plan inscrit dans « un budget prioritaire de la municipalité » quitte « à faire appel à d’autres collectivités ou à l’état ». Avec plus que tout, cette fois, la nécessité d’obtenir un résultat.

Cathy Racon-Bouzon, pourquoi avoir choisi de mettre cet amendement sur les écoles marseillaises dans la loi  » pour une école de la confiance  » ?

Cet amendement arrive après plusieurs mois de travail et de réflexion avec les services de l’Etat et de la Mairie. Initialement, la réflexion est partie de l’audit que nous avons mené avec mes collègues députés de la République en Marche sur le PPP. Il nous semblait important avant de pouvoir prendre une position affirmée de discuter avec différents acteurs qui étaient contre cette forme de montage, et voir comment tout cela avait vu le jour. Il nous est apparu qu’il y avait une erreur de raisonnement dans la démarche : le choix des écoles était construit sur un a priori sur ces 34 écoles GEEP qui peuvent constituer un danger, je ne le nie pas car elles ont des particularités qui méritent qu’on se pose effectivement la question. Mais en tous cas, rien ne laissait penser que sur le parc des 445 écoles marseillaises, elles étaient prioritairement concernées par une rénovation urgente. Suite à cela, on a appelé de nos vœux un diagnostic des écoles auprès de la mairie, de l’Etat.

Que s’est-il passé ensuite ?

Les choses n’ont pas vraiment bougé, en tous cas du côté de la Mairie. J’ai donc sollicité plus précisément le recteur et le Préfet qui ont conjointement convenu qu’il fallait que l’Etat fasse une proposition d’accompagnement à la Ville sur ces questions. Un peu de la même manière que dans la gestion de l’urgence, l’Etat a apporté son soutien à la ville sur la question du logement. Evidemment on n’est pas sur les mêmes enjeux et situations d’urgence mais néanmoins, avant que l’on en arrive à des situations qui pourraient être catastrophiques, l’Etat s’est senti concerné. D’autant plus que dans certaines écoles, on peut se poser la question de ce qui relève de la sécurité des enfants et des enseignants, en tous cas des conditions de travail et d’enseignement. Et ça, c’est du ressort de l’état, il devenait légitime de s’en mêler. Début mars il y a donc eu cette volonté conjointe du Préfet et du Recteur de proposer un accompagnement.

Il était quand même nécessaire d’en passé par la loi, avec cet amendement déposé devant l’assemblée nationale le 15 février ?

Après discussion avec le Ministère, il m’a semblé opportun de demander au gouvernement à travers le texte de loi  » pour une école de la confiance « , un rapport qui permettait d’inscrire dans la loi l’obligation de l’état de remettre un rapport au gouvernement. C’est l’étape ultime pour être sûr que l’on puisse avoir enfin un état des lieux.

École : les lois s’enchaînent, le malaise perdure

Il y a pourtant déjà eu un diagnostic de fait en 2016…

Oui mais que je n’ai jamais pu récupérer. Si ce diagnostic existe, et je suis obligé de croire ceux qui disent qu’il existe, il a été fait conjointement par l’Etat et la mairie. En tant que parlementaire, je ne peux, moi, demander que des comptes à l’Etat. Si je le demandais, l’Etat serait tenu de le rendre transparent. En revanche la mairie n’est pas tenue de me le donner et, en l’occurrence, elle ne l’a pas souhaité. Donc je ne sais pas ce qu’il y a dans ce diagnostic. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est du ressort du gouvernement de remettre un rapport.

Est-ce que l’on ne peut pas penser qu’il s’agit d’un état des lieux supplémentaire… et ce se dire pour quoi faire, encore ?

On peut toujours voir les choses sous un angle négatif. Mais jusque là, le raisonnement était de dire : il faut un plan d’action et de rénovation pour les écoles et on est contre le plan fait par la mairie parce que l’on ne sait pas sur quelles bases il a été construit. La première étape pour construire ce plan est donc d’avoir une vision claire de la situation.
J’aurai préféré que depuis 2016, quand Libération avait titré  » La honte de la République « , les choses aient été faites. Mais visiblement non, et aujourd’hui je me mêle d’une situation telle que je la trouve. Ce diagnostic va permettre de construire. Et j’irai jusqu’au bout, là aussi sans évidemment empiéter sur les compétences de la municipalité, en demandant pourquoi pas un plan d’aide au financement que ce soit de l’Etat, la Métropole ou le Département. Je ne sais pas qui donnera. Mais en tout cas je ferai en sorte que tout le monde ait conscience de ce plan d’aide et de rénovation, le construise et le finance. L’objectif, c’est ce qui va arriver derrière.

L’objectif est d’arriver à un plan budgétiser donc ?

L’objectif est qu’il y ait un plan construit. Que l’on sache sur la base de l’état des lieux, si l’on doit dans les trois années qui arrivent rénover 50, 100 ou 150 écoles dans l’urgence. Je n’en ai aucune idée, hormis si ce n’est que les écoles qui ne remontent pas d’informations tiennent debout et assurent des conditions de travail correct. Mais d’autres sont dans états inquiétants. Dans ma circonscription, il y a l’école Saint-Vincent de Paul, construite il n’y a pas très longtemps… mais où les enfants, en maternelle, dorment dans des dortoirs inondés. On rêve parfois.
Il faut unplan des écoles, échelonné dans le temps en priorisant les situations d’urgence, et de l’argent pour le financer. Donc oui, ça devra faire partie d’un budget prioritaire de la municipalité et si il y a besoin de faire appel à d’autres collectivités ou à l’Etat, je serai là pour mener ce combat.

Le cheminement de la loi ?

La loi va passer au Sénat fin avril, début mai.

L’amendement prévoit la remise d’un rapport fin septembre. Que doit contenir ce rapport selon vous ?

Ce n’est pas moi qui vait imposer une méthodologie au gouvernement. Il y a une séparation des pouvoirs. Moi ce que je souhaite c’est que nous ayons un rapport exhaustif et garanti par des experts. J’ai lu dans la presse que les gens commençait à râler et s’inquiéter de ce qui était demandé par les services de l’Etat à Marseille. Comme je l’ai dit il faut décoreller, c’est un travail qui s’est construit dans le temps. Quand le Préfet et le Recteur ont proposé d’accompagner la ville, nous avions convenu ensemble qu’interroger les directeurs d’école permettrait un premier recensement. Ils le font d’ailleurs au quotidien auprès de Mme Casanova (adjointe LR au maire de Marseille, déléguée à l’education). Là, nous leur avons demandé un recensement exhaustif des problèmes à travers ce fichier excel qui a été transmis à la DSDEN. Cette étape là, n’a rien à voir avec l’amendement et le rapport. Il se trouve que c’est un très bon préalable et que cela va peut-être permettre de circonscrire le périmètre en disant, si on a sur les 444 écoles, 200 écoles qui font remonter des dysfonctionnements, le rapport pourrait en déduire qu’il faut creuser le sujet avec des Experts qui viendront analyser le bâti sur un périmètre plus restreint. En attendant, les remontées d’information demandées jusqu’au 15 mars, ce n’est pas le rapport. On ne demande pas au malade de faire le diagnostic.

Mais il y a les conseils d’école qui réalisent ce travail tous les trimestres ?

Vous savez si tout cela est compilé ? Moi je n’ai jamais vu de compilation au niveau de la mairie de tout ce qui est remonté en conseil d’écoles.

Si ce n’est pas fait au niveau de la mairie, ces rapports remontent quand même au niveau des autorités académiques ?

Mais jusqu’à ce jour, l’entretien et la rénovation des écoles est une compétence municipale. Donc l’inspecteur d’académie lorsqu’il vient à un conseil d’école se préoccupe des sujets d’éducation. Il ne tient pas un cahier ou fichier sur ce qui concerne le bâti… Ils auraient pu faire le choix de contacter la mairie pour faire remonter ce fichier, oui. Mais bon, le document adressé aux directeurs est plutôt bien construit. Je trouve que c’était plutôt efficace de demander un nouveau recensement. Au moins tout sera compilé.

Avec le risque que tout le monde n’ai pas répondu en tant voulu, puisque le délai imparti était de onze jours ?

Je peux vous assurer que le DASEN a été extrêmement surpris de la rapidité avec laquelle les fichiers sont revenus. En moins de 48 heures il avait, je crois, plus d’une centaine de réponses. A mon avis, il aura au final une vision assez exhaustive.
Vous savez les directeurs d’écoles sont très en attente de ça. Parce que ce qui est extrêmement triste dans cette histoire, au-delà de ce que vivent les enfants et qui est inacceptable, c’est que toute la communauté éducative est abîmée par ça. Les gens, à juste titre, et je le dis un peu vulgairement,  » ils n’en ont rien à foutre  » de savoir si c’est du ressort de l’état, de la commune ou de la Métropole. Ce qu’ils voient c’est que leur enfants vont dans des écoles qui dysfonctionnent. A partir de là, le directeur d’écoles est toujours tenu responsable de ce qu’il se passe dans son établissement alors que ce n’est pas à lui de venir réparer le chauffage. Tout le monde est donc extrêmement demandeur d’une prise en main de la question et de ce que l’Etat protège ses enseignants et directeurs.

Que se passera-t-il si le rapport n’est pas remis le 30 septembre. Tout cela peut une fois de plus tomber à l’eau ?

Non. Cela pourrait être décalé. Mais j’avais ciblé cette date là en disant que si il y avait besoin de mettre dans le Projet de loi de finances 2020 un budget sur cette question, il était bon d’avoir un rapport, et peut-être des premières pistes de plan d’action, en septembre – octobre.

Vous parlez de dysfonctionnements ? On ne parle pas du bâti, on parle bien de gestion municipale. Qu’est-ce qui dysfonctionne selon vous ?

A mes yeux, il y a un déficit budgétaire. La ville de Toulouse investit beaucoup plus pour ses établissements que la ville de Marseille, si on le rapporte au nombre d’enfants ou d’habitants. Il y a deux fois moins d’écoles certes, et en valeur absolu, le budget éducation de la ville de Marseille est le n°1. Je suis bien consciente des choix qui sont faits, on ne peut pas dire qu’ils « négligent » l’investissement sur les écoles mais rapporté au nombre d’enfants et à la démographie marseillaise, cela manque de gestion et d’anticipation.
Au niveau primaire et maternelle, les effectifs grossissent de quasiment mille enfants par an. Cela nécessite une anticipation des besoins sur les construction par exemple. D’autant qu’avec le manque d’investissement de ces dernières année le parc s’est détérioré.
Et puis de ce que me rapportent les directeurs d’écoles, lorsqu’ils font une demande, il y a un problème d’organisation sur ceux qui mènent les travaux. Il y a quelqu’un qui vient réparer une chose, mais il n’y a pas de suivi avec celui qui va finaliser la fois d’après. Ca n’est visiblement pas coordonné.
Tout cela a traîné dans le temps et donne lieu à des dysfonctionnement de plus en plus sensibles. Je n’accuse pas la Ville de manquer de bonnes intentions, je ne leur reproche pas ça. Ils pensent bien faire mais c’est la manière de faire qui ne marche pas.

Nos confrères de la Provence ont mis en exergue il y a quelques jours, le comparatif de l’argent investi pour un élève scolarisé dans le privé et le public à Marseille. Cela vous inspire quoi ?

Ce n’est juste pas acceptable. Après, je suis en train d’essayer de retrouver ces chiffres et pour comprendre ce qu’ils veulent dire et d’où ils viennent. Parce que l’investissement des communes, c’est l’argent que donne l’Etat dans le cadre de délégations de compétences aux collectivités. Idem pour l’Education nationale puisqu’il y a un forfait donné par enfants aux communes. Et ce forfait dans le public et le double du forfait donné dans le privé. Donc, l’Etat donne deux fois plus aux communes pour qu’elles gèrent les élèves du public… Après sur le principe on le sait depuis longtemps, la ville de Marseille donne beaucoup à ses écoles privées. Ce sont des choix politiques malheureusement.

La ville a dit qu’elle allait faire appel de la décision du Tribunal administratif annulant la délibération sur le PPP ? Vous en pensez-quoi ?

Ils y tiennent à leur plan, ils ont l’impression de l’avoir fait correctement, je ne suis pas très étonné et ils iront sans doute au bout de leur démarche. Après je trouve dommage d’insister quand on a autant d’éléments contre qui prouvent que ce n’est pas la bonne option qu’on a retenu, il vaut mieux travailler sur autre chose.

Au-delà du fait que ce PPP était mal pensé, est-ce qu’un marché de partenariat vous paraît une solution légitime qui permet de régler ce genre de problème ?

Je ne suis pas figé idéologiquement sur cette question. Le seul problème, ce qu’on constate du moins, c’est que dans le rapport Public – Privé, le Public est rarement gagnant. Ce qui est compliqué dans ces marchés, c’est d’y inscrire contractuellement tout ce qui peut déraper et venir en défaveur du Public. Malheureusement, je ne sais pas pour quelle raison, peut-être une question d’accompagnement ou de compétences, les contrats se retrouvent toujours mal ficelés avec un déséquilibre qui pénalise le Public. Donc si on peut favoriser une maîtrise d’ouvrage public, j’y suis bien plus favorable.

Christophe Casanova

Ecoles de Marseille : le collectif anti-PPP réclame un audit en urgence

le 13 mars 2019 – Jean Philippe PIERRAT – Architecture sur le site de TPBM : https://www.tpbm-presse.com/ecoles-de-marseille-le-collectif-anti-ppp-reclame-un-audit-en-urgence-2845.html

Fort de l’annulation du marché de partenariat (public-privé) prévu pour 34 écoles de Marseille, le collectif qui s’y est opposé, réclame aujourd’hui un audit, et le Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône (SA 13) propose une méthodologie.

Réunissant des syndicats et ordres professionnels du monde de la construction, d’enseignants, de parents d’élèves, mais aussi de simples contribuables marseillais, le collectif anti-PPP qui s’était formé suite à la décision de la ville de Marseille de passer par le biais d’un marché de partenariat en vue de la démolition-reconstruction de 34 de ses écoles, vient de se rebaptiser en « PRE ». C’est-à-dire en collectif « pour la rénovation des écoles ». Une manière d’entériner l’annulation de la délibération municipale autorisant ce marché de partenariat, prononcée par le tribunal administratif de Marseille à la suite des recours déposés par des membres et organismes du collectif.

De nouvelles avancées pour les opposants

Autre avancée positive découlant de cette annulation, « le ministère de l’Economie et des Finances a modifié depuis, comme par hasard, l’algorithme du logiciel qui avait montré que le PPP coûtait moins cher qu’une procédure classique de marché public, s’est réjoui l’un des porte-paroles du PRE, représentant d’un syndicat enseignant. Dans sa nouvelle version, cela donne des résultats de coût plus ou moins équivalents entre la procédure classique de marché public (loi MOP) et le PPP. Retoquée, la mairie se voit dans l’obligation d’oeuvrer à la rénovation des écoles d’une autre façon, et même si elle a annoncé son intention d’interjeter appel [elle a deux mois pour le faire depuis le prononcé du jugement, NDLR], celui-ci n’aura d’autre intérêt que de gagner du temps, l’appel n’étant pas suspensif », a encore estimé le syndicaliste enseignant.

De son côté, a-t-il par ailleurs indiqué, une députée LaReM de Marseille, Cathy Racon-Bouzon, a déposé avec d’autres, dans le cadre du projet de loi pour une Ecole de la confiance, un amendement afin que l’Etat puisse se substituer à la municipalité et faire procéder à un état des lieux des écoles de Marseille en vue de leur rénovation. Enfin, autres bonnes nouvelles pour les opposants au PPP, l’académie Aix-Marseille et le préfet viennent de demander à la direction des services départementaux de l’Education nationale de mettre en place une cellule ad hoc et aux directrices et directeurs des 444 écoles municipales de la cité phocéenne de retourner « une grille à renseigner afin d’objectiver et de prioriser les travaux ».

Méthodologie proposée pour un diagnostic technique

Avec ou sans le concours des services de l’Etat, et en tenant compte de ces premiers renseignements recueillis, le Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône (SA 13) réclame pour sa part tout d’abord la réalisation d’un diagnostic professionnel pour chacune des écoles et propose une méthodologie pour y parvenir rapidement. « En 4 mois, ça pourrait être bouclé », calcule son représentant, Maxime Repaux. Un appel d’offres public pourrait être lancé par groupe de 10 écoles, explique-t-il, en comptant 20 000 euros de coût par diagnostic. L’objectif étant de définir un plan stratégique pour la rénovation des écoles sur les 10 ou 20 prochaines années avec un plan pluriannuel d’investissement correspondant ».

Qu’on ne se leurre pas, « en matière de rénovation comme d’urbanisme, cela prend beaucoup de temps », rappelait en fin de réunion du collectif, en connaisseur, l’architecte marseillais André Jollivet, ancien président du syndicat et de l’ordre des architectes, puis de la MAV (Maison de l’architecture et de la ville) Paca.

À qui se destine la cité scolaire internationale de Marseille ?

Écrit par Catherine Walgenwitz mardi 19 février 2019, pour La Marseillaise

http://www.lamarseillaise.fr/marseille/education/75062-a-qui-se-destine-la-cite-scolaire-internationale-de-marseille

Avec le projet de loi pour une « école de la confiance », feu vert a été donné à la création d’écoles internationales. Un projet de cité scolaire internationale est déjà programmé à Marseille, dont les travaux débuteront en 2020. Considérant que l’absence d’enseignement international à Marseille est une « anomalie dans l’une des villes les plus cosmopolites de France », en juin 2018, la Région Sud Provence-Alpes-Côte-d’Azur annonce la construction d’une cité scolaire internationale.


Dans une ville réputée pour l’état de ses écoles vétustes, Département et Ville de Marseille se mettent autour de la table avec la Région, pilote d’un projet dont l’implantation est prévue en plein cœur du nouveau quartier Euroméditeranée.Pile à l’endroit où devait être construite une université régionale des métiers prévue par l’ancienne majorité de gauche.À son arrivée à la tête de la Région, Renaud Muselier, président LR avait mis un terme définitif au Campus A, au motif que la collectivité était écartée de la formation professionnelle par le gouvernement Macron.

Recherche de mixité ?


« L’appel d’offres a été lancé et on devrait connaître le nom du lauréat du marché au second semestre et un début des travaux début 2020 », avance la Région. Ce projet est né bien avant la loi Blanquer pour une « école de la confiance ».Adopté la semaine dernière par l’Assemblée nationale, le texte prévoit la création de nouvelles écoles internationales, dont la philosophie est de « tirer l’ensemble du système vers le haut », selon le ministre de l’éducation, alors que les syndicats ont dénoncé des écoles « pour milieux favorisés ».
Paradoxe, c’est non loin des écoles et des quartiers les plus pauvres de la ville que cette réalisation verra le jour.
La structure pédagogique définie par le Rectorat d’Aix-Marseille concernera 2 100 élèves (900 à 1 000 lycéens, 700 collégiens et 400 élèves en élémentaire) et devrait s’ouvrir aux enfants du secteur. Mais combien de places leur seront réservées ? Dans ces établissements dits d’excellence qui permettront de suivre une scolarité multilingue, de la maternelle au bac, r.ien ne dit que ces écoles vont rechercher la mixité. Financés par les collectivités, ces établissements pourront aussi recevoir des fonds privés, issus de dons ou de legs. Le coût de la cité scolaire de Marseille de l’ordre de 99 352 000 euros fera l’objet d’un cofinancement entre les différentes collectivités. L’état d’esprit qui sous tend dans ces écoles de l’excellence fait craindre une concurrence entre ce type d’établissements financés par des fonds publics et privés avec d’autres collèges et lycées publics. En somme, une école à deux vitesses.

Les écoles toujours privées de moyens suffisants dans les Bouches-du-Rhône

http://www.lamarseillaise.fr/bouches-du-rhone/education/75175-les-ecoles-toujours-privees-de-moyens-suffisants-dans-les-bouches-du-rhone

Écrit par Catherine Walgenwitz pour La Marseillaise samedi 2 mars 2019 08:02

Avec 138 ouvertures de classes pour 116 fermetures,les mesures de la carte scolaire s’annoncent insuffisantes dans les Bouches-du-Rhône. Les dédoublements de classes et l’arrivée de 650 élèves absorberont l’essentiel des moyens.

Ca passe, ou ça casse. Mardi, les organisations syndicales se sont prononcées unanimement contre les mesures de carte scolaire pour la prochaine rentrée dans les écoles des Bouches-du-Rhône.

Le rôle des syndicats en comité technique académique n’est que consultatif, mais il donne le ton des conditions dans lesquelles se prépare la prochaine rentrée. Avec davantage d’ouvertures de classes que de fermetures et l’arrivée de 94 nouveaux profs, mais aussi de 650 élèves supplémentaires, globalement sur le papier tout semblait pour le mieux.

Mais à y regarder de plus près, les profs viendront à manquer, ce qui pourrait compliquer les dédoublements, après les CP l’année dernière, des classes de CE1 en éducation prioritaire. Le Snuipp-FSU, principal syndicat des enseignants du 1er degré, estime à une centaine le nombre de postes d’enseignants nécessaires pour dédoubler les classes.

Par manque de profs, la mesure phare du gouvernement ne sera pas respectée, avec 15 élèves par classe, au lieu des 12 annoncés. À Marseille, où la situation est plus tendue qu’ailleurs, le recours à de la co-intervention avec deux enseignants qui se partageront une trentaine d’élèves dans un même espace sera plus important. Une quarantaine d’ouvertures de classes ne pourront être réalisées, faute de locaux, et les élèves pourront être envoyés hors de leur secteur.

À l’école Saint-Charles (1er arrondissement), le Snuipp, décrit un contexte ubuesque avec 30 élèves de CP qui resteront sur le carreau faute de place. « Se crée une iniquité entre les écoles, entre les classes », explique Frédérique Berthet, pour le Snuipp. La situation est jugée catastrophique dans le centre-ville, mais n’épargne pas d’autres quartiers. Un phénomène nouveau constaté pour la première fois.

https://www.google.com/maps/d/u/0/viewer?mid=1KUlUg5WDhGtIgsxQJ9C_qfSFao-MeBXE&ll=43.53473379008966%2C5.152316599999949&z=10

Écoles à Marseille : les grandes oubliées

Écrit par  Marie-Laure Thomas le vendredi 11 janvier 2019 09:09, pour La Marseillaise

La préfecture des Bouches-du-Rhône a refusé de recevoir le SNUipp sur l’état des écoles de la ville de Marseille. Le syndicat compte s’adresser directement au ministre de l’Éducation nationale.


Comme une douche froide.Alors que la veille, l’école du Rouet à Marseille devait assumer seule l’inondation de quatre classes, après une rupture de canalisation au-dessus d’un compteur électrique, tout en continuant à accueillir 280 enfants, le Snuipp-FSU, principal syndicat chez les enseignants du 1er degré recevait mardi, une fin de non-recevoir de la préfecture. Le syndicat a demandé audience sur l’état des écoles marseillaises. Mais la préfecture a jugé que ce n’était pas de la responsabilité de l’État.Pour Claire Billès, secrétaire académique du SNUipp, « le mépris de la mairie et de la préfecture sur les conditions d’enseignement à Marseille est insupportable ». Le syndicat a annoncé qu’il s’adresserait au ministre de l’Éducation pour un « vrai plan d’urgence ». Ce dernier avait promis un audit des écoles marseillaises le 13 novembre sans que l’on sache aujourd’hui ce qu’il en est advenu.

Chauffage, punaises de lit, inondations…


Cette demande d’audience intervient à un moment où de nombreuses écoles sont insalubres du fait de leur vétusté.« Insuffisance de chauffage, inondations, présence de rats, de punaises de lit, l’État se désintéresse du plan lancé en 2016, face au scandale des écoles marseillaises », liste le SNUipp.Quid des sommes engagées à ce moment-là ? Un plan d’urgence avait été mis en place à cette époque, en grande partie grâce à l’aide de l’État et sera peu suivi d’effet.
Dans une ville qui a fait le choix de recourir à un partenariat public privé (PPP) confiant la construction de 36 écoles à des poids lourds du BTP, cet état d’abandon inquiète l’organisation syndicale qui rappelle son hostilité à ce principe, dont la Cour des comptes confirme qu’il est plus coûteux pour les dépenses publiques.Si la question des locaux inquiète, celle du taux d’encadrement par élève aussi. Après la réquisition par la municipalité de 154 agents en grève dans les cantines marseillaises, « du jamais vu », s’indigne le SNuipp, le syndicat enseignant dénonce un climat social dégradé. À l’instar de la CGT (lire également ci-dessous), le syndicat réclame la tenue d’une table ronde au plus vite.