Ecole Bugeaud … Encore et encore ….

Ce mardi 11/06, le blocage continue à l’école Bugeaud (13003).
Huit mois après l’inondation de huit classes qui avait déjà donné lieu à un blocage de l’établissement, il est cette fois question de sécurité, d’hygiène et disons-le clairement, de « désespoir, résume Sabrina. Cela fait plusieurs mois que, le soir, l’école est squattée par de jeunes adultes qui sautent le grillage avec beaucoup de facilité, s’alcoolisent, prennent des stupéfiants et font leurs besoins dans les toilettes des enfants ».

Résultat, le matin, « les Atsem retrouvent toutes sortes de bouteilles d’alcool fort ou de bières, des préservatifs usagés et les toilettes dans un état qu’on vous laisse imaginer… » Zahra, 10 ans en classe de CM1, confirme l’état des sanitaires : « Ils sont sales, sans papier toilette et avec des portes cassées. Il faut être deux pour y aller : une qui va aux toilettes et l’autre qui surveille. » Du coup, « Moi et d’autres, on n’y va pas. On attend de rentrer chez nous ».
« Cela fait deux ans que je demande à l’adjointe au maire chargée de l’éducation, de sécuriser le grillage de l’entrée de l’école »

Lorsqu’on ajoute au tableau des voitures qui, régulièrement, brûlent sur la rue Bugeaud et un parvis de l’école qui n’est « quasiment jamais nettoyé » selon Hacynna, le débordement était imminent : « Jeudi vers 14 h 45, une voiture en feu a explosé juste devant l’école, décrit la maman d’élève. Les enfants ont eu extrêmement peur, c’était l’événement de trop ». Et la décision fut prise de bloquer l’entrée de l’école et de renouveler l’action mardi si rien, à la mairie de Marseille, n’est envisagé d’ici là. « Cela fait deux ans que je demande à l’adjointe au maire chargée de l’éducation, de sécuriser le grillage de l’entrée de l’école, annonce Lisette Narducci. Et malgré toutes mes demandes, je n’ai pas reçu la moindre réponse. Aujourd’hui, l’exaspération des parents est arrivée à son comble et je les comprends ! » Sollicitée hier, Danièle Casanova n’a pas donné suite.

En revanche, les parents ont pu s’entretenir avec Monique Cordier, élue en charge de la propreté, hier matin, dans les 3e et 14e arrondissements, « pour faire un point sur les dysfonctionnements ». Il se trouve que l’esplanade de l’école Bugeaud en est un : « Lorsque l’école a été construite dans l’urgence, l’identification de l’esplanade a été mal déterminée. Il semble que nous soyons sur un espace qui dépend de la compétence de la Métropole, nous nous trouvons en réalité sur une esplanade qui appartient au domaine ‘privé’ de la Ville. La Métropole qui était sollicitée ne pouvait donc pas intervenir ! À présent que j’ai repéré le lieu et compris le dysfonctionnement, nous allons pouvoir trouver une solution rapidement. »

Pour le reste… Zohra, un parent délégué revendique « la surveillance des lieux, de temps en temps pour identifier les personnes qui squattent l’école et plus de moyens pour les tatas qui font vraiment tout ce qu’elles peuvent. » Mais également, « qu’on arrête de condamner les salles d’activité pour en faire des salles de cours », ajoute Salima. Aujourd’hui, l’école en REP + compte 430 élèves en maternelle et en primaire…
La Provence 08/06

Les enfants sont bien au soleil quand ils vont à la plage.

Écrit par Emilie Davy, pour La Provence, Mercredi 05/06/2019 à 13h07 – Mis à jour à 13h17, https://www.laprovence.com/article/societe/5533389/marseille-sans-point-dombre-les-minots-de-la-maternelle-saint-pierre-etouffent.html

Marseille : sans point d’ombre, les minots de la maternelle Saint-Pierre étouffent

Les deux platanes qui abritaient la cour et les salles de classe ont été abattus, car dangereux, sans qu’aucune solution ne soit envisagée. Hier après-midi, il faisait plus de 37º dans la cour

Par Emilie Davy

La cour de l'école Saint-Pierre. Au sol, on aperçoit les copeaux de bois qui comblent les anciens emplacements des platanes. Cour de récréation et salles de classe sont en plein soleil tout l’après-midi.
La cour de l’école Saint-Pierre. Au sol, on aperçoit les copeaux de bois qui comblent les anciens emplacements des platanes. Cour de récréation et salles de classe sont en plein soleil tout l’après-midi. Photo DR

37º à l’ombre à 15h45. Un mardi après-midi ensoleillé et des températures à vous donner envie de quitter le bureau pour la première plage. Oui mais ici, on est malheureusement bien loin de la mer. Plutôt du côté de la rue Pascal-Ruinat, dans le 5e arrondissement, à deux pas de la Blancarde. Très précisément collé contre le mur des salles de classe de la maternelle Saint-Pierre. Pas un brin d’air ne passe entre les quatre murs de l’école. Et le mercure ne fait que grimper, affolant les parents des 150 petits qui fréquentent l’établissement public.

« Ils ont enlevé les arbres et rebouché à la marseillaise »

Il faut dire que l’an passé, la cour bénéficiait de l’ombre de deux énormes platanes. Leur feuillage permettait de recouvrir la cour de fraîcheur et d’atténuer l’impact du soleil dans les salles de classe. Sauf que les platanes ont été abattus durant les vacances de Pâques. « Nous en avons parlé dès octobre 2018 durant un conseil d’école, se souvient Prune Serrano, parent d’élève déléguée. L’un était malade, et les racines du second trop dangereuses pour les petits. Et tout de suite, on s’est dit qu’il allait y avoir un problème de chaleur dans l’établissement. La cour, c’est une cuve entourée de bâtiments. » 

Les parents ont donc pris les devants rapidement : « Nous avons tout de suite envoyé des mails pour dire notre inquiétude », assure la maman. Mairie de secteur, mairie centrale : tous les services sont rapidement informés des craintes des familles. Mais rien ne se passe. Abattus, les arbres laissent place à deux trous « recouverts de copeaux de bois en surface en laissant le sol défoncé. Ils ont enlevé les arbres et rebouché à la marseillaise, s’emporte Prune. Ces aménagements devaient être faits pour la sécurité des enfants alors que c’est maintenant très dangereux. »Et aussi À Marseille, dans 58 % des écoles on respire un air trop pollué

« Ils vont planter des arbres à croissance rapide. Mais ils se moquent de nous ! »

L'arbre d’acier de l’école Foch où des tentures ont été installées pour protéger les enfants du soleil. Trop long à réaliser d’ici la fin de l’année scolaire Saint Pierre d’après la mairie.
L’arbre d’acier de l’école Foch où des tentures ont été installées pour protéger les enfants du soleil. Trop long à réaliser d’ici la fin de l’année scolaire Saint Pierre d’après la mairie.Photo DR

« Nous avons toujours demandé une solution, martèle Audrey Pontarotti-Bodrero, maman de l’école. Nous avons reçu une réponse de Danielle Casanova, (adjointe au maire de Marseille, déléguée aux Écoles maternelles et élémentaires, Ndlr) qui nous dit que rien ne sera fait pour la chaleur, que les enfants n’ont qu’à porter des chapeaux. Puis elle ajoute qu’ils vont planter des arbres à croissance rapide. Mais ils se moquent de nous ! »

Les parents ont bien proposé une solution temporaire : celle de tendre des voilages de part et d’autre de la cour pour préserver les petites têtes des rayons du soleil, comme il en existe à l’école Foch. Refusé. Trop dangereux à cause du vent d’après la mairie. « On parle ici de 150 enfants qui n’ont aucun moyen de se mettre à l’abri, rappelle Prune. Danielle Casanova note qu’il ne reste que 19 jours d’école à tenir. Oui sauf que pour nos enfants c’est 19 jours de calvaire. Elle propose également de les maintenir dans la salle de sport et de faire des rotations entre les enfants. Mais c’est inacceptable ! »

La situation semble donc bloquée puisque la mairie assure ne pas pouvoir trouver de solution d’ici la fin de l’année scolaire. « Ils s’en foutent de notre école, elle est laissée à l’abandon », se désole Frédérique Navarro. À défaut de solution de la part de la municipalité, la maman assure qu’elle retirera son petit avant la fin de l’année : « Mon fils est déficient visuel. Il a les yeux très fragiles, même avec une casquette et des lunettes. Et il ne peut pas rester enfermé dans la classe non plus… De toute façon, ils ne tiendront pas jusqu’au 4 juillet. »

L’avis de Danielle Casanova, déléguée aux Écoles maternelles : « Il reste 19 jours avant les vacances, je n’ai pas de solution miracle »

Pour l’adjointe au maire de Marseille, il « n’y a pas de solution miracle« . Elle concède ainsi avoir reçu les courriers des parents, et leur avoir répondu. Mais pour ce qui est de la mise en œuvre de solutions, elle n’en a pas : « Des arbres vont être replantés à l’automne. En attendant, les espaces verts vont venir boucher les trous avec du sol souple. Il reste 19 jours avant les vacances scolaires, les petits dorment à l’heure de la cantine donc ils ne seront pas au soleil. Les autres pourront être accueillis dans la salle de sport. » Pas de solution pour Danielle Casanova. Ni miracle, ni même temporaire puisqu’elle refuse l’idée des voilages tendus : « Il y aurait une prise au vent très importante, il faudrait des points d’attache forts. Et d’après les services techniques, c’est très dangereux. » Un système pourtant mis en place à l’école Foch, à l’aide d’un arbre d’acier auquels sont tendus les fameux voilages. « Techniquement, il faut deux mois pour le réaliser, assure l’adjointe. La chaleur, c’est à peu près la même chose dans toutes les écoles. Il faut les équiper de chapeaux comme je l’ai recommandé. Les enfants sont bien au soleil quand ils vont à la plage. Alors oui, ce ne sont pas les conditions idéales, mais je n’ai pas d’autre solution à proposer. »

Impôts, nouvelles écoles, logements pour les sinistrés… Les temps forts du conseil municipal de Marseille

Article de Benoit Vinstock pour La Provence, le 2 avril 2019 : https://www.laprovence.com/article/politique/5438085/marseille-budget-ecoles-et-mal-logement-au-menu-du-conseil-municipal-ce-matin.html

Le vote du budget primitif ainsi qu’un rapport sur les écoles ont été particulièrement discutés lors du deuxième conseil municipal de l’année

Par Benoit Vinstock

Jean-Claude Gaudin a subi les critiques des élus de l'opposition, notamment sur le thème des écoles.
Jean-Claude Gaudin a subi les critiques des élus de l’opposition, notamment sur le thème des écoles. Photo Valérie Vrel

Ce matin s’est tenu le deuxième conseil municipal de Marseille de l’année. Les élus étaient réunis à l’espace Bargemon, notamment pour adopter le budget primitif 2019 et discuter de l’avenir des écoles de la ville qui ont été au coeur de l’actualité locale et nationale ces dernières semaines. Les débats ont également tourné autour du problème du mal logement et du sort des délogés, donnant parfois lieu à de vifs échanges.

Impôts : la ville maintient ses taux mais les impôts vont augmenter

Le budget primitif 2019 a été adopté par le conseil municipal. Il fixe une enveloppe de 1 milliard 478 millions d’euros (dont 1 milliard 33 millions pour le fonctionnement et 445 millions d’investissement). Celui-ci ne prévoit pas d’augmentation des impôts gérés par la ville mais les Marseillais vont pourtant en payer davantage. Une augmentation de 3,3% est en effet imposée par la loi de finances 2019. Les élus du groupe socialiste, Benoît Payan en tête, ont regretté que la Ville n’ait pas fait l’effort de diminuer les taux afin d’absorber cette augmentation.

Pas de quoi entamer l’enthousiasme de Roland Blum (LR), adjoint au maire en charge des finances et du budget qui s’est félicité. « Ce budget est un bon, pour ne pas dire un excellent budget », a-t-il estimé. L’élu a ensuite présenté la baisse de la masse salariale de 0,9% et le respect de la limite d’augmentation des dépenses réelles de fonctionnement de 1,25%, conformément au contrat passé avec l’État. Ces mêmes dépenses ont concentré les critiques de l’opposition, Benoît Payan critiquant la baisse du budget alloué aux écoles soit, selon lui, la suppression « d’un chantier sur six ». Une position partagée par Jean-Marc Coppola (PCF), qui accuse le maire d’« esquinter la démocratie ». Dans les rangs du RN, Stéphane Ravier a dénoncé l’ampleur de la dette. La Ville « rembourse 170 millions mais en emprunte 80 », a-t-il souligné. Enfin, Stéphane Mari a refusé d’approuver ce budget au nom de La République en Marche. « Même si votre budget tient techniquement la route, compte tenu de vos nombreux échecs, je voterai contre », a-t-il déclaré tout en reconnaissant que son nouveau parti (il appartenait au groupe PS jusqu’en 2018) était trop jeune pour proposer une alternative.

Écoles : un audit et deux nouvelles constructions

« Un diagnostic technique de l’ensemble des écoles sera réalisé en partenariat avec l’État », a une nouvelle fois confirmé le maire. « Puisque le gouvernement veut semble-t-il regarder cela, qu’il y participe aussi. Sinon, il n’en a pas le droit », a-t-il lancé, attaquant l’amendement présenté par la députée marseillaise Cathy Racon-Bouzon (LREM) à l’Assemblée nationale contre lequel la municipalité entend introduire une question prioritaire de constitutionnalité si celui-ci était validé par le Sénat. Le maire a également annoncé « le lancement immédiat de deux écoles neuves en réalisation d’ouvrage en maîtrise publique » qui étaient prévues dans le PPP retoqué par le tribunal administratif le 12 février dernier. Il s’agit des écoles de Jolie Manon et Docks-Libres (3e).

Cet audit arrive tard, selon l’opposition. « Pour ne pas avoir encore une fois la honte de voir l’État mettre le nez dans le cambouis de vos écoles », a par exemple commenté Sandrine d’Angio (RN) qui a proposé un conseil municipal extraordinaire consacré aux écoles et demandé que les 6 millions d’euros destinés à financer cet audit soient directement investis dans des travaux concrets. « Avec ce rapport, il est incontestable que vous avez 24 ans de retard », a de son côté estimé Jean-Marc Coppola (PCF). Avec le socialiste Benoît Payan, il avait accompagné ce matin le collectif pour la rénovation des écoles qui a déposé sur le bureau du maire une pétition ayant recueilli 15 000 signatures.